Bonjour à tous,
un dernier post pour terminer ce tour dans les canaux et rivières de France. Je vous avais donné des nouvelles de Paris qui bien sûr fut une escale magique. Prix raisonnable au regard du lieux et un peu de place pour les bateaux de passage, que demander de plus...
Nous avons quitté le port de l'arsenal au matin tôt comme conseillé par le capitaine du port pour profiter sans stress de la traversée de la capitale sur la Seine, car les bateaux mouche ne commencent pas leur tournées avant 10h. Effectivement, peu de trafic et la météo nous a offert la possibilité de faire de belles photos. En plus, nous étions restés un jours de plus pour profiter au maximum de notre escale parisienne et l'étape jusqu'à Carrières sous Poissy était de 80 km, donc pas le moment de traîner...
Le courant avec nous, c'est vers 16h 30 que nous sommes arrivés à la Nouvelle Marina Port St Louis. Cette escale est bien protégée, en dehors du courant de la Seine, ce que je cherchais car nous avons laissé notre Mouez Avel 15 jours là, le temps de retourner passer les fêtes de Pâques en famille. La proximité du terminus de la ligne A du RER à Poissy (à 10min en bus de la sortie du port) avait orienté également mon choix. Le RER nous a déposé gare de Lyon, facile !
Hélas, le propriétaire de la marina se bat depuis 6 ans avec les autorités qui veulent transformer son bassin en centre de recyclage des déchets de Paris ! Et il semble bien qu'il ait récemment perdu son procès même avec l'aide des communes environnantes que le projet n'enchante guère. Donc cette sympathique escale et son non moins sympathique propriétaire Mr Michel Gatta, risquent de disparaître.
Nous sommes repartis début avril de Carrières, sans impératif de date et avec le sentiment que le plus dur était fait. Effectivement, la descente de la Seine a été un vrai régal avec des paysages changeants et souvent surprenants, des escales bien espacées comme Vernon dans le courant (visite de Giverny obligatoire...), Les Andelys dont le petit port fermé pour cause d'envasement nous a tout de même accueillit une nuit (notre quille de 1,6m devait être très proche du fond mais c'est passé. Attention toutefois, le niveau de la Seine était env. 30 cm plus haut qu'indiqué) . Heureusement, car les pontons pour les bateaux à passagers ont été utilisés pendant la nuit. Visite du château Gaillard de Richard Cœur de Lion et rando sur les falaises qui dominent la Seine. Les écluses de la Seine ne sont pas nombreuses mais nous ont semblé gigantesques par leur taille ! Quand l'éclusier vous dit d'aller dans "la 12", ça veut dire de vous diriger vers la "petite" qui ne fait que 12m de large , pas vers la grande qui en offre 24 !! Heureusement, car dans la grande, le fetch est assez long pour que la houle se fasse sentir !!
Enfin, nous sommes arrivés à Pose, cité bien aimée des mariniers et dernière écluse avant de rentrer dans le domaine maritime avec ses problèmes de marées. En fait, le seul problème est lié à la variation de profondeur et ne se pose pas à nous plaisanciers. Il n'en est pas de même pour les cargos qui remontent vers Paris. Le courant s'inverse à cause de la marée mais pas trop fort pour être gênant. C'est donc tout contents que nous sommes arrivés à Rouen où nous avions planifié une longue escale pour remâter notre fier coursier des mers qui piaffait d'impatience de retrouver son espar (pas autant que le capitaine...

) Superbe ville, très bon accueil au ponton de la halte fluviale. Le lendemain de notre arrivée, nous avons été réveillés en fanfare par un gros arbre entrainé par le courant et qui est venu se bloquer entre le ponton et notre étrave. Branle bas le combat à bord pour pousser, tirer, jurer beaucoup pour se débarrasser de l'intrus! Les amarres grinçaient, tendues à craquer et le bateau penchait sous l'effort. Les autres équipages sont rapidement arrivés avec des gaffes et tous se sont mis de la partie pour enfin laisser partir ce gros arbre vers d'autres cieux. Ouf, pas de dégats et cela s'est terminé devant un apéritif bien mérité dans le cockpit et l'occasion de faire mieux connaissance
Matage au chantier du Lamanage donc et quelques jours passés à la marina du bassin de St Gervais (moins chère que la halte fluviale et très moderne) pour regréer le bateau avant de quitter cette très belle ville de Rouen qui nous a vraiment beaucoup plu.
La dernière étape sur les rivières aura également été la plus longue car il n'existe pas de bonne halte entre Rouen et Honfleur sur l'estuaire de la Seine. C'est donc au petit matin que nous avons quitté Rouen pour parcourir les 112 Km sans escale qui nous séparaient de la mer. Les calculs de marées semblent dérisoires vu que pendant le parcours, la marée a le temps de s'inverser au moins deux fois. Moteur au maxi, (quand même pas trop !) et avanti ! Nous avons bénéficié du courant encore fort en ce printemps et même avec notre petit moteur, nous sommes arrivés à 16h 30 devant l'écluse de Honfleur. Eh oui, encore une écluse, mais nous n'en avons pas fini avec elles car en Normandie, pas de navigation sans franchir des écluses, portes ou seuils et je n'en ai pas fini de tout ces calculs de marées...
Mais c'est une autre histoire...
En résumé, nous voila comme souhaité de l'autre côté de la France, après avoir traversé notre beau pays par l'intérieur, ce qui n'est pas habituel pour un marin d'eau de mer
C'était une belle expérience, pleine d'enseignements et notamment que la navigation en eau douce n'est pas aussi facile que la légende le dit !
En tout cas, merci à tous pour les précieux conseils et encouragements que vous nous avez prodigué. (Le problème des coupures de gaz reste encore un mystère, bien qu'évidemment liées au froid extérieur).
Nous vous souhaitons encore beaucoup de milles (pardon de km

) sur les eaux, salées ou non.
Amitiés